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Lucille Jolette, enseignante retraitée
Extrait de texte
Lucille 1963 et 1981
Lucille 1963
Barre verte 1
Groupe en 1963
Groupe de 1972-73

Ma vie s'est déroulée à Lorrainville. J'y suis née le 11 janvier 1928 et j'y ai fait mes études primaires. Je m'y suis mariée et j'y ai élevé mes trois
enfants. Finalement, j'y ai pratiqué le plus beau métier du monde: enseignante.

Dès l'âge de neuf ans, sur les bancs de l'école du rang VII, je savais que je serais institutrice. Après une neuvième année à l'école du village,
dirigée par les religieuses de l'Assomption, je fais mon entrée à l'École normale de Ville-Marie pour réaliser ce rêve. Je garde de beaux souvenirs
des religieuses, les Soeurs Grises de la Croix (maintenant Soeurs de la Charité d'Ottawa) et de ces années d'études. Je travaillais d'arrache-pied.
Mes succès scolaires, je les dois à mes efforts. Cela ne venait pas tout seul. J'aimais apprendre. Mes études terminées, brevet en main, j'ai
commencé ma carrière d'enseignante à l'école du rang V de Lorrainville. Les souris, l'eau qui gelait, le poêle à entretenir ne diminuaient en rien
le feu sacré qui m'animait. Ce feu et cette passion pour cette profession, je les ai toujours gardés. Après cette première année d'expérience, je
suis retournée dans l'école où j'avais fait mes études primaires, mais cette fois-ci, c'était pour enseigner à vingt-sept élèves, répartis entre la 1re
et la 7e année inclusivement. La salle de classe était mon royaume.

Groupe de 1948

À quatre heures, après la classe, je rangeais tout et entreprenais le ménage. Pas de concierge à cette époque. Une fois les tableaux nettoyés et
propres, je les remplissais de travaux à faire pour le lendemain. Il fallait planifier pour occuper les élèves pendant que l'on enseignait à un degré
à la fois. J'aimais ce que je faisais. J'étais ambitieuse.

Tout cela devait se sentir, car il m'arrivait d'entrer chez moi le soir en pleurant. Était-ce la fatigue ou la crainte de ne pas réussir assez bien?
Heureusement, les rapports des inspecteurs d'école me rassuraient.

Après ces trois années d'expérience, je me suis mariée à Roland Jolette. Je laisse l'enseignement, puisqu'à l'époque, les femmes mariées ne
pouvaient pas enseigner. Je suis devenue femme de cultivateur. Cette nouvelle fonction impliquait beaucoup de choses. Je secondais mon
mari dans ses tâches. Actifs dans la communauté, nous nous impliquions beaucoup dans tous les événements de la paroisse: construction
du stadium, tournois de hockey (auprès des jeunes et des adultes), carnavals, et j'en passe.

Pendant ces douze années à la maison sont nés trois enfants: Armel, professeur, Louis-Charles, technicien forestier, et Sylvie, enseignante.

Au printemps de 1960, le Chanoine Louis-Charles Côté me demande, en insistant, pour remplacer en huitième année une religieuse malade, en
après-midi seulement. J'ai adoré l'expérience. La piqûre de l'enseignement refait surface. L'automne suivant, une religieuse de Béarn me rend
visite, accompagnée de ma belle-soeur Rita, et m'offre un poste à Béarn. Après beaucoup d'hésitations, car il me faudra une gardienne, je
retourne définitivement à l'enseignement. J'ai passé quatre belles années à Béarn. J'y ai successivement enseigné en 2e, 3e et 5e année. En
1967-68, je reviens enseigner à Lorrainville en 6e année, puis les années suivantes, en 7e année. Un peu plus tard, suite à l'abolition de la
7e année, je me retrouve au secondaire, à l'école St-Louis. Quelques années passent et c'est enfin la construction tant attendue de la polyvalente
à Lorrainville. Pendant les travaux, je vais enseigner à Ville-Marie. J'entreprends en même temps un cours de perfectionnement des maîtres en
français (Permafra) sous l'habile direction de notre coordonnatrice Laura Rivest. Ce cours s'échelonne sur une période de trois ans. Il vise à
nous faire apprivoiser les nouvelles approches du français. Pendant toutes ces années, les méthodes se sont succédé, apportant des éléments
tantôt positifs, tantôt discutables, mais toujours enrichissants. Je ne démordais jamais face à l'importance du français écrit. Le succès de mes
élèves m'encourageait à persister dans cette veine.

Après vingt-huit années d'enseignement, les groupes de trente-deux élèves, trois ou quatre groupes par jour, cent à cent dix élèves, et la lourdeur
de la tâche: correction, en français surtout, m'ont finalement décidée à prendre ma pré-retraite en 1986, à l'âge de cinquante-sept ans.

Je tiens à remercier tous ceux qui m'ont appuyée et qui ont cru en moi pendant toute cette belle carrière.

Depuis ma retraite, je voyage quelque peu, mais la majeure partie de mon temps, je la consacre au bénévolat au sein de ma communauté:
secrétaire, membre du conseil d'administration de la fondation Philippe Chabot, bénévole à la bibliothèque municipale, membre de la chorale de
la paroisse, auxiliaire bénévole au Centre de santé Ste-Famille, régente des Filles d'Isabelle, etc.

L'enseignement a stimulé mon énergie et m'a donné le sens de l'organisation. J'essaie de la transmettre aujourd'hui afin d'aider mon entourage.

Je demande à Dieu de préserver ma santé afin que je puisse continuer à oeuvrer auprès des miens. J'ai encore tellement de choses à réaliser et
à donner. Qu'Il me donne aussi la sagesse de savoir m'arrêter et de savoir m'accorder des moments de loisirs et de repos. Après toutes ces
années de dévouement, ne le méritons-nous pas toutes et tous?

Groupe d'élèves de 5e ou 6e année du primaire à l'École St-Louis de Lorrainville
en 1972-73 (aujourd'hui intégrée à l'École Marcel-Raymond).
À l'époque où j'ai enseigné 4 ans à Béarn.
Au printemps 1963, un groupe d'élèves de
2e, 3e et 4e année s'exerçait pour un
spectacle de fin d'année.
1948 - 2e année d'enseignement à l'école du
rang 6 nord à Lorrainville. Une classe de la
première à la 7e année inclusivement. Sur la
photo de gauche, Antonio Baril, Luc Barrette,
Denise Cormier, moi, et Robert Cormier. Sur
celle de droite, en plus des élèves de gauche,
on reconnaît notamment Gaston Baril à l'arrière.

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